« Comment densifier la ville sans créer de ghetto ? » : les politiques de la ville doivent être le fruit d’une meilleure coopération entre l’Etat et les différentes collectivités territoriales

Près de 150 personnes étaient réunies vendredi 15 avril au TNB à l’occasion du forum Libération de Rennes pour assister au débat « Comment densifier la ville sans créer de ghetto ? » entre Bernadette Malgorn, conseillère régionale et Présidente de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS)et Nathalie Appéré, 1ère adjointe au maire de Rennes et Vice-Présidente de Rennes Métropole.

Au cours de ce débat de plus d’1h30min dont tous les observateurs ont reconnu la qualité, Bernadette Malgorn, après avoir rappelé l’histoire et les contradictions des politiques urbaines conduites en France et à Rennes ces trente dernières années, a souligné que l’histoire n’était pas réversible. Si l’étalement urbain s’est accompagné de différents types de ségrégation sociale, rien n’indique que la densification permettra de la réduire. La nécessité de cette densification résulte d’autres choix comme celui du Val à Rennes.

Elle a évoqué entre autres la dimension spatiale de la densification autour de deux thèmes.

– La nécessaire métropolisation de la ville de Rennes qui ne doit pas se faire au détriment de l’ouest breton et particulièrement de la métropole brestoise. L’avenir de la Bretagne nécessite le développement équilibré autour des aires métropolitaines de Rennes et de Brest, respectueuses de leurs couronnes. Rennes ne pouvant assumer par rapport  à Nantes son statut de capitale de la Bretagne que dans la mesure où elle respecte cet équilibre Est-Ouest.

– Les risques de ghettoïsation rurale en faisant remarquer, d’une part, que l’étalement urbain ne pouvait continuer à absorber des terres agricoles indispensables au développement de notre agriculture et, d’autre part, renvoyer les personnes les plus modestes et même les classes moyennes dans les 3ème voire 4ème couronne des grandes villes.

Pour éviter la création de ghettos, Bernadette Malgorn a, par ailleurs, rappelé la nécessité d’anticiper l’urbanisation en prenant en compte la notion de parcours résidentiel des habitants en tenant compte de l’histoire et des origines diverses des personnes vivant dans les zones urbaines dites sensibles. Elargissant son propos au niveau national, la présidente de l’ONZUS s’est refusé à nier l’existence de zones de non droit où les lois de la République ne sont pas respectées : le respect, c’est d’abord les yeux ouverts sur la réalité des situations faute de quoi on ne trouve pas de solution.

Si elle estime que l’immigration est un phénomène incontournable mais contrôlable, Bernadette Malgorn considère que notre premier devoir était de créer les capacités d’accueil permettant à ces nouveaux arrivants de s’insérer dans notre société par le logement mais aussi par le travail et par la maîtrise de la langue et le respect des lois et de leur esprit , conditions nécessaires à leur intégration et à leur promotion sociale.

En conclusion, Bernadette Malgorn a souligné la nécessité des politiques de la ville. Elles ne peuvent être de la seule responsabilité de l’Etat. Elles doivent être le fruit d’une meilleure coopération entre l’Etat et les différents niveaux de collectivités territoriales.

Retrouver l’interview de Bernadette Malgorn sur Radio Campus Rennes