Desserte de l’Ile d’Ouessant : Bernadette MALGORN et Jean-Yves C0ZAN appellent au dialogue

Photo Le Télégramme

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La remise en cause, par le Conseil général du Finistère, des conditions de la desserte aérienne de l’Ile d’Ouessant, sans un dialogue préalable avec la population, a donné aux Ouessantins le sentiment de ne pas être considérés comme des Finistériens à part entière.

Les liaisons avec le continent ont un impact très direct sur la vie quotidienne des familles vivant à Ouessant : les lycéens qui doivent être scolarisés, celles et ceux qui travaillent sur le continent, les personnes malades qui ont besoin de consultations à l’hôpital ou chez des médecins spécialistes sans oublier le courrier, les journaux et les continentaux qui travaillent sur l’île… C’est tout un mode de vie qui est remis en cause.

Pour prendre les bonnes décisions sur la desserte de l’île, il faut se mettre à l’écoute des Ouessantins. Vouloir leur imposer un modèle de comités d’usagers, schéma appliqué sur le continent là où le transport public est un service parmi d’autres, ignore la réalité insulaire. Ici les liaisons avec le continent sont une question de survie.

Les Ouessantins se sont mobilisés, sans politisation partisane : le comité de défense est représentatif de toutes les sensibilités. Il a travaillé avec sérieux sur le projet de nouvelle délégation de service public et conteste plusieurs points du dossier du Conseil général. Il chiffre à 40% la réduction envisagée des dessertes aériennes. Il ne considère pas comme réglé le problème du remplacement des avions. Quant à l’objectif d’équilibre budgétaire, de nombreuses interrogations demeurent.

Le Conseil général du Finistère avait adopté les 28 et 29 janvier 2010 un « plan d’engagement avec les îles finistériennes » pour la période 2010-2016. L’une de ses deux priorités était de « permettre le maintien sur les îles d’une population résidente à l’année ». Dans ce cadre, le Conseil général garantissait la continuité territoriale sur l’ensemble du département. Il réaffirmait le soutien du Conseil général sur cette problématique incluant desserte maritime et « desserte aérienne entre Brest et Ouessant assurée quotidiennement toute l’année ». Que fallait-il comprendre ?

A ce stade, il est urgent qu’un dialogue en vérité soit instauré entre le Conseil général, les élus ouessantins et la population de l’île. Il faut mettre toutes les données sur la table, analyser l’état et les performances des matériels, travailler sur les horaires des dessertes selon les périodes de la semaine et de l’année et coordonner les modes de transports aériens et maritimes.

Il est urgent pour le Conseil général d’ouvrir un dialogue sur les dessertes aériennes et maritimes avec les îles d’Ouessant, de Molène et de Sein.

Bernadette MALGORN (Conseillère régionale de Bretagne) et Jean-Yves C0ZAN (Conseiller général du Finistère – Canton d’Ouessant)