Le pardon des Sept Saints Dormants d’Ephèse à Vieux-Marché : Un pont entre Chrétiens et Musulmans

La 58ème rencontre islamo-chrétienne s’est déroulée ce week-end à Vieux-Marché à l’occasion du pardon des Sept Saints Dormants d’Ephèse. Ce pardon était présidé par le père Jean-Jacques Pérennès, dominicain au Caire, directeur de l’Institut dominicain d’études orientales. Conformément à la tradition, après la grand’messe du pardon, chacun se retrouve à la fontaine où Monsieur Mohamed Loueslati, aumônier musulman des prisons de l’Ouest de la France, en résidence à Rennes, a donné lecture de la sourate 18 du Coran, récit de la caverne où les jeunes dormants sont restés 300 ans, pour échapper aux dérives du monde extérieur qu’ils finissent par retrouver.

Cette année le pardon revêtait une importance particulière avec le cinquantenaire de la disparition de Louis Massignon, l’islamologue qui réveilla cette tradition ; le cinquantenaire des accords d’Evian et le contexte délicat dans de nombreux pays arabes avec une pensée pour les populations touchées par les événements de Syrie.

La place de l’islam dans notre pays de tradition chrétienne donne lieu à des débats trop souvent superficiels. Il ne s’agit pas de nier les difficultés d’insertion des personnes nourries d’une autre tradition religieuse et culturelle. Il n’est pas toujours facile pour nos concitoyens musulmans de faire l’apprentissage de laïcité à la française.

Le pardon des Sept Saints d’Ephèse du Vieux Marché auquel j’ai assisté ce dimanche nous ouvre la voie sur une autre approche des relations entre chrétiens et musulmans. Le dialogue interreligieux entre les trois religions du Livre – juifs, chrétiens et musulmans – est indispensable pour briser les barrières de l’intolérance.

Une approche spirituelle entre ces religions peut apporter une contribution originale  sur les grandes questions éthiques auxquelles sont confrontées nos sociétés occidentales laïques et qui sont remises à l’ordre du jour en France.

Ce pardon est aussi une manière de rejoindre les chrétiens d’Orient, baignant dans des sociétés musulmanes, et dont les communautés ont souvent, et encore aujourd’hui, été persécutées.

En 1954, ressuscitant le pèlerinage des Sept Saints Dormants au Vieux Marché, louis Massignon livrera son plus beau témoignage en forme de testament toujours d’actualité: la nécessité de la quête spirituelle pour trouver les chemins du dialogue, de la tolérance et de la paix.