SPACE 2012 – L’agriculture bretonne : l’heure des choix décisifs

Après plusieurs de ses collègues conseillers régionaux du groupe des élus de la droite et du centre qui se sont rendus au SPACE durant les différentes manifestations de la semaine, Bernadette MALGORN a effectué une visite du salon international le vendredi 14 septembre.

Cette visite a d’abord donné lieu à un tour d’horizon sur la situation de l’agriculture bretonne de la présidente du groupe avec Jean-Michel LEMETAYER et Paul KERDRAON. Cette édition 2012 du SPACE a été bonne en termes de fréquentation et d’affaires réalisées : il faut notamment souligner le renforcement de l’ouverture internationale. Cependant les sujets de préoccupations ne manquent pas. Jean-Michel LEMETAYER a relevé trois sujets principaux qui préoccupent les producteurs : le coût des céréales, les restructurations dans l’agroalimentaire et la concurrence intra communautaire notamment avec l’Allemagne.

Pour une agriculture productive

« Ces éléments confortent la position de notre groupe qui a voté contre la Nouvelle Alliance agricole. La majorité socialiste a laissé croire aux Bretons que l’industrie agroalimentaire n’était pas délocalisable. C’est faux et nous en avons malheureusement la preuve aujourd’hui. Comme nous l’avons affirmé lors de nos interventions, les industriels s’implantent soit près des lieux de production soit près des marchés de consommation. Si nous ne maintenons pas en Bretagne une agriculture productive, demain c’est toute la filière agroalimentaire, avec ses industries d’abattage, de transformation, de production d’aliments, mais aussi la logistique de transport, notamment portuaire qui sera durement et durablement affectée. Nous assisterions alors à un véritable séisme pour la Bretagne avec des conséquences irréparables sur l’emploi et l’aménagement du territoire », commente Bernadette MALGORN.

Relancer la production porcine

Des réflexions qui ont eu un écho positif lors des rencontres que Bernadette MALGORN a eu avec les professionnels. « Aujourd’hui les producteurs de porcs arrivent à tirer à peu près leur épingle du jeu grâce aux cours de la viande qui évoluent  dans les mêmes proportions que celui des aliments. Mais si nous voulons maintenir nos capacités d’abattage en Bretagne, il devient urgent de relancer la production porcine. Et il ne faut pas perdre de vue que 10% des producteurs de porcs sont en grande difficulté », analyse un responsable de la Coopérative finistérienne Prestor.

Soutenir la filière avicole

Du côté des producteurs de volailles le ton est plus grave. A la différence de leurs collègues porcins, eux aussi confrontés à l’augmentation des céréales, les volaillers ne peuvent répercuter cette hausse sur le prix des animaux. « 42% de la volaille consommée en France étant importée nous sommes pris en tenaille par la grande distribution », explique Jean-Jacques Amice Président du groupe Amice Soquet.

Le constat est identique à la coopérative UKL ARREE, fortement touchée par les difficultés du groupe DOUX. « Les producteurs de dinde sont asphyxiés. La volaille ne se vend pas. Ils n’ont plus de trésorerie et sont obligés de payer comptant des aliments à des prix exorbitants », explique le directeur.

La plupart des producteurs de volailles ont réalisé d’importants investissements pour mettre leurs bâtiments aux normes. Bernadette MALGORN a rappelé la position des conseillers régionaux de son groupe sur cette question : « au lieu de saupoudrer les aides régionales à l’agriculture nous avons demandé à l’exécutif régional de les concentrer sur la modernisation des bâtiments d’élevage sans malheureusement être entendus».

Investir massivement dans l’agriculture et l’agroalimentaire

Les entreprises agroalimentaires sont par ailleurs confrontées aux directives européennes qui interdisent les aides régionales aux Etablissements de Taille Intermédiaire. Après avoir effectués des investissements non productifs au titre du bien être animal, pour faire face à la concurrence, elles sont dans l’obligation d’investir pour moderniser les outils de production. Bernadette MALGORN a proposé de saisir nos parlementaires européens bretons de cette question.

Enfin, l’élue régionale a terminé sa visite au SPACE en passant un long moment avec les responsables de la coopérative Triskalia qui partagent les inquiétudes des agriculteurs bretons, mais ajoute son Président «l’histoire même de notre coopérative montre qu’en un siècle les agriculteurs bretons ont su sans cesse s’adapter. Si les pouvoirs publics nous accompagnent nous sommes prêts à relever de nouveaux défis pour maintenir en Bretagne une agriculture productive et une industrie agroalimentaire performante », martèle le Président.

Des propos que Bernadette MALGORN approuve en rappelant que l’agriculture est une activité économique à part entière dans notre région et doit être traitée comme telle. Dans un monde où la question alimentaire devient une priorité, n’oublions pas que l’ensemble des productions animales bretonnes permet de nourrir trente millions de personnes. Une réalité que devraient méditer les pouvoirs publics et en premier lieu la majorité régionale », conclut l’élue finistérienne.

DSC02666
Bernadette Malgorn en compagnie de Mme Amice et de M. Jean-Jacques Amice, Président du Groupe Amice Soquet
DSC02667
Bernadette Malgorn en compagnie de M. Denis MANAC'H, Président de TRISKALIA et de l'équipe dirigeante