Discours de politique générale lors de la session du Conseil régional du 11 octobre 2012

Bernadette MalgornMonsieur le Président,

Dans votre intervention inaugurale du 10 juillet dernier, vous avez déclaré, devant notre assemblée, être un « président de transition ». Il y a 50 ans exactement s’ouvrait le concile Vatican 2. Il a été décidé par un pape de transition dont on n’attendait à l’époque pas grand-chose. Serez-vous, Monsieur le Président, celui qui va ouvrir l’aggiornamento des politiques régionales, dont la Bretagne a besoin pour faire face à la crise sans précédent qui ne l’a pas épargnée.

Mais vos propos ont surtout suscité de nombreuses exégèses estivales.

Dès le 15 juillet, votre prédécesseur affirmait dans la presse : « C’est moi qui donne les permissions ».

Le 27 juillet, nous avons eu l’épisode de l’inauguration de la plateforme d’Etrelles par le ministre de la Défense. In extremis, vous avez eu la « permission » de  venir, un petit feuillet ajouté en dernière minute au carton d’invitation nous indiquant votre présence.

Quelques jours après, dans le même quotidien, nous lisons que  vous  « êtes  aux commandes » mais « en période d’apprentissage » et que vous formez néanmoins, avec l’ancien président, « un binôme gagnant ».

Nous avons en effet bien compris et nous ne sommes pas les seuls que dans la dialectique socialiste, il y a une différence entre le non cumul des mandats annoncé par le Président de la République et le non cumul des fonctions.

C’est sans doute pour cette raison que vous n’avez pas eu la permission  de présider le directoire de Bretagne développement innovation et que la place a été conservée pour l’ex-président. C’est aussi lui qui a dû se dévouer pour la présidence de la Conférence des régions périphériques maritimes, charge trop lourde, semble-t-il, pour aucun des représentants des 160 régions de la conférence.

Mais nous avons entendu la semaine dernière qu’après l’abrogation par la nouvelle majorité de la réforme du conseiller territorial, le mandat des assemblées régionales allait être rallongé d’un an. Votre « régence » pourrait alors s’exercer jusqu’en 2015. Et votre propos de tout à l’heure montre que vous êtes prêt à assumer l’héritage des régences qui ont souvent été des périodes libertines, ce qui au 18ème veut dire autant liberté de l’esprit et de la parole que des corps. Votre tolérance pour les propos malséants d’un de nos collègues semble montrer que la liberté de parole dans notre assemblée pourrait s’accroitre.

Cette comédie du pouvoir illustre la capacité des socialistes à faire le grand écart entre les grands discours moralisateurs où l’on affirme avec intransigeance la doctrine et la réalité des petits arrangements.

Alors il paraît qu’une partie de l’opinion est déçue ; et la presse nationale semble découvrir avec surprise un fonctionnement qu’elle avait sans doute prématurément crédité d’une nuance flatteuse en parlant de la « méthode Hollande ». Quant à nous, nous ne sommes ni surpris ni déçus : cette méthode, c’est  la réalité socialiste infligée aux régions depuis 2004.

Les socialistes se targuent d’être les champions de la concertation. Nous avons connu tant de tro Breiz que nous en avons encore le tournis et que nous ne savons toujours pas où nous allons. (…) lire l’intégralité du discours de Bernadette Malgorn