Bernadette MALGORN à la « Manifestation pour tous »

Comme de nombreux Finistériens, Bernadette Malgorn a participé le dimanche 13 janvier à la « Manifestation pour tous » contre le projet présidentiel d’instituer le « mariage pour tous ». Elle répond à nos questions.

Comment avez vous vécu et perçu cette manifestation ?

J’ai été frappée par trois choses. D’abord le nombre de manifestants. Nous étions environ un million de personnes. Alors que l’ordre de dispersion avait été donné à 17h30, j’ai croisé, en remontant du Champ de Mars vers Montparnasse, une foule immense qui continuait, plus d’une heure après, de défiler pour se rendre au point de convergence. Et des groupes brestois et morlaisiens qui, à 19h45, piétinaient toujours au Pont de l’Alma, ont dû regagner leurs bus sans aller jusqu’au Champ de Mars.
Ensuite, par l’ambiance joyeuse et sympathique de cette manifestation dans laquelle se sont côtoyées des personnes de toutes les générations.
Enfin, par le respect des slogans arrêtés par les organisateurs, dont l’objectif est de défendre le mariage républicain et la famille.

Pourquoi avez-vous participé à ce rassemblement ?

J’ai toujours été féministe et militante de la parité parce que j’ai la conviction que notre société républicaine doit reconnaître, accueillir et se nourrir de la différence. La différenciation des sexes est un élément d’équilibre de la société. C’est pour cette raison que je milite pour que la parité soit effective dans tous les espaces, politiques, économiques, sociaux…  où la société se constitue.
Pour moi, la première cellule constitutive de notre société est la famille, elle est garante de son équilibre et de la stabilité sociale. C’est cette famille avec une mère et un père que je suis venue défendre.
Être politiquement majoritaire ne donne pas tous les droits et surtout pas celui de jouer aux apprentis sorciers en démolissant la famille déjà fragilisée par un esprit libertaire ultralibéral.

N’y a-t-il pas des réponses à apporter aux couples du même sexe ?

J’ai rencontré dans la manifestation des homosexuels qui revendiquent de ne pas être traités en fonction de leur orientation sexuelle. Soyons donc prudents en parlant d’une revendication qui serait générale et ferait l’unanimité chez les personnes homosexuelles.
Et quand l’on y regarde de plus près, à l’usage, le PACS s’est révélé comme un ersatz de mariage qui finalement et presque logiquement conduit la gauche dans un premier temps, à instituer ce « mariage pour tous » assorti de « l’adoption pour tous »  et dans un deuxième temps, la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui.
Le législateur devrait plutôt reconnaître les solidarités concrètes et l’assistance mutuelle que se portent les personnes, qu’il s’agisse de couples homosexuels ou, par exemple, de fratries de personnes seules vieillissant ensemble comme il y en a encore en milieu rural notamment. Les cadres juridiques existant laissent encore subsister des problèmes sérieux  alors que la société bénéficie de la solidarité s’exerçant dans une variété  de situations personnelles que ne réglera certes pas le « mariage pour tous ».

Des élus venus de toutes les régions de France
Des élus venus de toutes les régions de France