Remise du rapport d’évaluation du PNRU au Ministre délégué à la Ville

La présidente du Conseil d’orientation de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), Bernadette MALGORN, a remis, lundi 4 mars, le rapport de la mission d’évaluation du PNRU que le ministre délégué à la Ville lui avait confiée en septembre dernier.

Bernadette MALGORN remet son rapport au Ministre délégué à la Ville, François LAMY
Bernadette MALGORN remet son rapport au Ministre délégué à la Ville, François LAMY


A la demande de François Lamy, ministre délégué chargé de la Ville, l’Onzus a entrepris un bilan du programme national de rénovation urbaine (PNRU), dix ans après son lancement, sous forme d’une démarche évaluative. Ce travail s’inscrit dans le cadre de la réforme de la politique de la Ville voulue par le Gouvernement issu des élections de 2012 et qui a fait l’objet d’une concertation nationale achevée fin janvier 2013.


Le PNRU trouve son fondement dans la loi du 1er août 2003 d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine. Jean-Louis Borloo, alors ministre chargé de la Ville et de la rénovation urbaine, exprimera l’ambition, par cette nouvelle impulsion, « de remettre la République dans les quartiers et les quartiers dans la République ».


Depuis ses origines, la politique de la ville a fait l’objet de critiques, souvent vives et contradictoires. L’Onzus, par les données qu’il met à disposition depuis dix ans, ne vient pas adoucir le tableau. Les indicateurs de la situation dans les quartiers sensibles évoluent peu. Le chômage y est à peu près toujours le double des autres quartiers de leur agglomération et la pauvreté trois fois plus prégnante. Les zones urbaines sensibles concentrent les populations d’origine étrangère : plus d’un résident de ZUS sur deux de 18 à 50 ans est immigré ou descendant d’immigrés. Cela n’est pas sans incidence sur la scolarisation, l’accès à l’emploi, la culture et les modes de vie.


Le PNRU : une politique publique dotée de moyens exceptionnels …
• A terme, 45 milliards d’euros auront été investis dans près de 600 quartiers, dont un peu plus de 12 milliards de subvention distribuées par l’Anru.
• Près de 600 000 logements auront été démolis, réhabilités ou reconstruits.

… dont les principales parties prenantes – habitants, bailleurs, et élus – sont globalement satisfaits…
• les ménages relogés auront vu leurs conditions de logement s’améliorer,
• le PNRU aura également été l’occasion pour l’ensemble des acteurs de ces quartiers, bailleurs comme collectivités, d’améliorer leur qualité de service auprès de ces populations
• inscrire dans la durée les effets bénéfiques du PNRU nécessitera cependant de trouver des relais au sein du secteur social de « droit commun »

… qui aura permis de redonner une certaine attractivité aux quartiers par la restructuration foncière et la diversification de l’habitat et des statuts d’occupation …
• le PNRU permettra, à terme, de modifier une partie du stock de logements, pour y introduire d’autres types d’habitat et de mode d’occupation (propriété occupante, offre locative privée, etc.)
• cette diversification a ouvert la possibilité d’une « attractivité retrouvée » pour ces quartiers, même si le « déficit d’image » demeure dans un nombre important d’endroits,

… mais dont la pérennité des investissements, notamment dans la perspective d’une mixité sociale retrouvée et confortée, reste à consolider …
• après 10 ans de rénovation urbaine, force est de constater, qu’à l’exception de quelques quartiers, « transformer l’essai » de la rénovation urbaine nécessitera d’actionner l’ensemble des leviers complémentaires à l’action sur le bâti pour redonner de véritables opportunités économiques aux populations résidentes et éviter de remettre en marche les mécanismes ségrégatifs

… notamment par une meilleure articulation avec la politique de la ville dans son ensemble, mais également avec la politique nationale du logement.
• Ce constat appelle à une meilleure cohérence entre le volet « urbain » et l’ensemble des autres dimensions de la politique de la ville : telle est l’ambition des futurs contrats de ville décidés par le CIV du 19 février dernier
• Au-delà de la politique de la ville, il est également important de mieux articuler, notamment au niveau local, les projets de rénovation urbaine avec les politiques locales de l’habitat pour chercher, au niveau du bassin de l’habitat, un meilleur équilibre territorial de l’offre locative sociale à bas loyer qui, couplée à une politique d’attribution partenariale et « objectivée » entre les réservataires, est à même d’enrayer les phénomènes ségrégatifs.image-eval-PNRU

Consulter l’article paru sur le Moniteur…

Consulter l’article paru sur La Croix…

Télécharger le rapport d’évaluation :

– volume 1

– volume 2

Consulter le site de l’ONZUS