Conseil d’Orientation pour l’Emploi : adoption du rapport “Emplois durablement vacants et difficultés de recrutement”

COEDans un contexte de chômage élevé, l’existence d’emplois ne trouvant pas preneur est un paradoxe fréquemment dénoncé. Le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), dont Bernadette MALGORN est membre en tant que personnalité qualifiée, a publié un rapport ce mardi 1er octobre 2013 pour proposer un point statistique sur ces emplois et tenter de clarifier le débat.

Les termes d’emplois vacants, d’offres non pourvues, de difficultés de recrutement ou de métiers en tension sont souvent confondus, mais ils recouvrent des phénomènes très différents. Ainsi, ce qui peut révéler des dysfonctionnements du marché du travail, c’est quand le nombre d’emplois à pourvoir ne diminue pas alors que le chômage augmente : par exemple, depuis 2009, le chômage a augmenté fortement en France sans que l’on constate de baisse importante des emplois à pourvoir dans les entreprises.

Sur le plan statistique, ces difficultés se traduisent par deux phénomènes : les emplois durablement vacants et les abandons de recrutement. En 2012, sur les seules offres déposées à Pôle emploi, 215 000 offres ont été satisfaites en plus de 3 mois et 116 300 offres ont été retirées faute de candidat (chiffres Pôle emploi).

A partir de ces données, mais aussi en recoupant avec d’autres sources, certains ordres de grandeur ressortent :
- environ un quart à un tiers des recrutements sont jugés difficiles par les employeurs (sources déclaratives employeurs) ;
- de l’ordre de 570 000 offres ne sont satisfaites que dans un délai de 3 mois ou plus, sur l’ensemble du marché du travail (extrapolation) ;
- environ 400 000 tentatives de recrutement sont abandonnées chaque année faute de candidat (extrapolation à partir de plusieurs sources).

Les difficultés de recrutement les plus importantes apparaissent notamment dans les métiers des industries mécaniques et du travail des métaux ; de l’électricité et de l’électronique ; des industries graphiques ; de la maintenance ; de la santé ; de l’informatique ; du commerce mais aussi dans les métiers de l’hôtellerie-restauration, les aides à domicile, les conducteurs ou encore les métiers de bouche. Selon les métiers, les difficultés de recrutement peuvent être relativement homogènes sur l’ensemble du territoire ou davantage localisées. Des travaux d’identification des métiers faisant l’objet de difficultés de recrutement sont donc menés au niveau des territoires, avec des méthodes hétérogènes et une exploitation inégale.

Trois grands types de causes, qui ne peuvent être hiérarchisées, peuvent expliquer des difficultés de recrutement : l’inadéquation entre les compétences attendues par les recruteurs et celles disponibles, en raison d’un déficit (réel ou ressenti) de compétences des candidats, le déficit d’attractivité de certains métiers ou encore le manque de fluidité du marché du travail.

Le Conseil avance des propositions autour de trois axes :

1) Améliorer la connaissance statistique des « emplois vacants », des offres durablement non pourvues et des difficultés de recrutement et favoriser l’appropriation et un meilleur usage de ces informations par les acteurs concernés (branches professionnelles, acteurs locaux, services publics de l’emploi, de l’éducation).

2) Lutter de façon continue et durable contre les difficultés de recrutement : faire en sorte que les entreprises puissent recruter plus facilement des personnes ayant les compétences dont elles ont besoin, améliorer l’attractivité des emplois donnant lieu à des difficultés de recrutement, faire évoluer les pratiques de recrutement, mobiliser davantage Pôle emploi.

3) Tant que ces politiques de lutte durable contre les difficultés de recrutement n’ont pas porté tous leurs fruits, engager régulièrement des actions plus ponctuelles pour résorber le stock d’emplois durablement non pourvus.


>> Télécharger le rapport et la synthèse

>> Plus d’infos : http://www.coe.gouv.fr