Session du 12 décembre 2013 : Intervention de Bernadette MALGORN sur le Pacte d’Avenir pour la Bretagne

Dans son intervention sur le Pacte d’avenir pour la Bretagne, Bernadette MALGORN, Présidente du groupe “Droite & Centre de Bretagne”, a dénoncé l’incompréhension de la détresse bretonne par le Gouvernement et le Conseil Régional. Elle a souligné la fausse concertation quant à l’élaboration du Pacte d’avenir qui se résume à un catalogue de mesures déjà engagées et de saupoudrages.

“Le gouvernement socialiste à Paris n’a pas compris : il pense éteindre le feu avec un pacte qui recycle le passé et préempte l’avenir. Il n’a pas compris le sens du mot d’ordre exprimant, au-delà la diversité de la protestation, ce qu’il y a de commun dans la colère bretonne : « re zo re », « trop c’est trop ».

Et puisque la France entière a entendu parler d’un cadeau de deux milliards aux Bretons, ainsi désignés à la jalousie des autres régions, nous nous précipitons sur la page 84. On y voit noir sur blanc que l’essentiel des rubriques s’étale sur sept ans.

Je dois avouer que vous avez des vrais talents d’alchimistes, à moins que ce soit ça l’économie circulaire, ou l’art du recyclage. Car transformer quelques dizaines de millions d’argent frais en deux milliards, il fallait quand même le faire.

De quoi sont composés les deux milliards ?

1.  L’achèvement du Contrat de projets 2007/2013. Merci c’est de l’argent qui est dû à la Bretagne.

2.  L’anticipation d’une partie des crédits d’Etat du Contrat de Plan 2014/2020. Toutes les régions pourront contractualiser. Ce qui est spécifique à la Bretagne, c’est que les choix ont été effectués à Paris sans concertation régionale. Un vrai progrès !

3.  Les Crédits européens pour la période 2014/2020. Vous annoncez le doublement des crédits du FEADER. Bravo, vous oubliez de dire que cela ne compense pas la baisse du premier pilier de la PAC, que la Bretagne vous l’avez dit partait de très bas, que toutes les régions connaissent une augmentation de leur enveloppe et que la Bretagne n’est pas favorisée.

4.  Des perspectives d’engagement de la BPI. Pourquoi pas ? Encore faut-il que tout soit clair avec Bruxelles et que les entreprises aient des perspectives claires pour décider d’investir.

5.  Des crédits des politiques d’Etat pour le logement, la rénovation thermique, la reconquête de la qualité de l’eau. Nous devons acter que l’Etat continuera de faire son travail en Bretagne. Que peut-on en penser ? Revenons en mars 2007 et écoutons: « Si on ajoute le fait que le volet agriculture, énergie, environnement, certes conséquents, sont beaucoup en trompe l’œil, puisqu’il s’agit souvent de crédits ordinaires de l’Etat rapatriés dans le contrat et parfois d’inclusion de crédits venant d’organismes extérieurs comme l’ADEME ou l’Agence de l’eau, on pourrait se poser la question de l’opportunité de la signature de la Région » dixit Jean-Yves Le Drian. Sans  commentaires.

Cette annonce de deux milliards a pour seul but de faire croire aux Bretonnes et aux Bretons que le gouvernement a pris conscience de la crise qui frappe la Bretagne. Il cherche à « fluidifier » les relations avec diverses catégories pensant ainsi acheter la paix sociale.

Pour le reste, il s’agit d’un catalogue de mesures déjà engagées, certaines  allant dans le bon sens. D’autres ambigües: vous confirmez par exemple Brest comme UN des centres mondiaux des sciences et technologies marines.  Et pendant ce temps, vous nous présentez en commission permanente une révision des statuts de France Energie Marine qui permet de le délocaliser en dehors de Brest sur simple décision de son assemblée générale, alors que son implantation à Brest avait été décidée par le précédent gouvernement. D’autres mesures ont disparu dans la version définitive comme la décentralisation de l’IFREMER à Brest.

Une nouvelle fois vous préférez faire du saupoudrage, pour faire plaisir à tout le monde. Ajouter des schémas aux schémas. Afficher des promesses non financées. Votre manque de courage risque cette fois de déplaire à tout le monde.”

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