Bernadette MALGORN : 10 ans au service de l’Observatoire des Zones Urbaines Sensibles

Le 18 décembre dernier, Bernadette MALGORN, présidente du Conseil d’orientation de l’Observatoire des Zones Urbaines Sensibles, remettait à François LAMY, ministre délégué à la Ville, son 10ème et dernier rapport annuel.

Depuis dix ans, le Rapport annuel de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles s’efforce de décrire la réalité, complexe et diverse, des quartiers de la politique de la ville pour permettre de mieux comprendre et de mieux décider.

Dix années au cours desquelles l’Observatoire a agi pour consolider une information statistique éparse, provoquer la production de nouvelles données, et inciter les institutions à mieux identifier et prendre en compte les spécificités de ces quartiers. Production phare de cet observatoire, le rapport annuel valorise ces données et restitue thème par thème les principaux enseignements qu’elles permettent d’établir. L’Onzus avait aussi pour mission d’observer la situation de chaque quartier dans son agglomération. Un espace dédié à l’observation locale a vu le jour cette année sur le site internet du SIG-Ville, fruit d’un travail partenarial avec l’IRDSU.

Cette année, les jeunes prennent leur quartier dans le rapport de l’Onzus. Le Panel Politique de la Ville, qui suit sur quatre ans une cohorte de 1 830 ménages, donne ses premiers résultats. Les jeunes habitants des Zus ont été interrogés sur leurs difficultés face à l’emploi ou leurs opinions sur leurs conditions de vie. En recherche d’emploi, les jeunes de 16 à 29 ans identifient les principaux écueils du monde du travail : la rareté des offres, un manque d’expérience ou de relations. Un jeune sur dix en recherche d’emploi déclare également avoir rencontré des difficultés dans ses recherches d’emploi du fait de son quartier de résidence. Ceux qui travaillent montrent plus de flexibilité dans leurs conditions de travail et se déclarent très majoritairement satisfaits de leur emploi. Cette année, l’illettrisme, grande cause nationale 2013, a été étudié à partir de l’enquête Information vie quotidienne. Fait notable : parmi les jeunes âgés de 18 à 29 ans qui ont été scolarisés en France, le taux d’illettrisme est quatre fois plus élevé en Zus qu’en dehors. Plusieurs explications sont avancées : qualification relativement plus faible des parents, absence de pratique de la lecture dans le contexte familial ou encore présence d’une langue étrangère parlée à la maison. Voilà qui nous rappelle l’importance à accorder à la bonne intégration des familles immigrées dans les zones urbaines sensibles.

Autre vision des jeunes : celle apportée par la Démarche Jeunesse, conduite en Guyane. Outre les enseignements sur la jeunesse guyanaise, qui vit majoritairement dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville, cette démarche nous donne l’occasion d’évoquer les territoires ultramarins dans leurs particularités et leur diversité.

Dix ans après sa création, l’Onzus va prochainement disparaître en même temps que le zonage Zus, dont il s’est continûment attaché à comprendre les évolutions et les mutations. Ayant accompagné, à la présidence de son Conseil d’orientation, le travail de ses équipes, je peux témoigner de leur qualité et de leur engagement dans cette passionnante mission. L’évolution de la géographie prioritaire et la réforme annoncée de l’observation des territoires vont appeler une nouvelle organisation.

Les territoires sont importants ; mais plus encore les populations qui y résident. Quels que soient leurs qualificatifs, ces quartiers prioritaires de la politique de la ville ne forment pas un ensemble uniforme. Quelle diversité entre les quartiers de la région parisienne, d’Outre-Mer ou des régions de métropole ! Diversité aussi de leurs populations ; car s’ils partagent un faible niveau de ressources, les habitants de ces quartiers ont des itinéraires très divers, des immigrés primo-arrivants aux retraités résidant dans la cité depuis sa construction, sans oublier ceux qui ne font que passer.

Evaluer l’impact de la politique de la ville tant sur les territoires que sur les populations qui y résident, c’est désormais possible grâce aux données, aux analyses et aux méthodes développées au sein de l’Onzus.

Que cela permette de toujours mieux adapter l’action publique pour que la République vive sur ces territoires et que vivent ces territoires dans la République.


Bernadette Malgorn
Présidente du Conseil d’orientation de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles

>> Lettre de Démission de Bernadette MALGORN – 7 janvier 2014

Consulter le site de l’ONZUS

>> Le rapport 2013 (version interactive)

>> Le rapport 2013 (version PDF)

>> La synthèse du rapport