De la valse hésitation à la Valls précipitation

Qui croire, le Premier ministre déclarant la main sur le cœur le 8 avril lors de son discours de politique générale que les élections territoriales seraient maintenues en 2015 ou le Président de République qui affirme ce matin qu’il serait intelligent de les reporter en 2016 ?

Tout a commencé avec la suppression du conseiller territorial et le report à 2015 des élections départementales et régionales. Cette décision était assortie de la promesse gouvernementale d’un nouvel acte de décentralisation pour donner plus de lisibilité et d’efficacité à l’action publique. En fait de lisibilité nous assistons depuis deux ans à une cacophonie généralisée. Après un va-et-vient de projets et de contre-projets, le 11 octobre 2013, devant les présidents de conseils généraux réunis en congrès, le Premier ministre promet de conserver les départements dont la carte cantonale a été refondue pour ne pas dire tripatouillée. Le 14 janvier 2014, le Président de la République, lors de sa conférence de presse de rentrée annonce la réduction du nombre de régions et invite les départements des aires métropolitaines à redéfinir leur avenir. Traduction par le nouveau Premier ministre : suppression des départements en 2021 et division par deux du nombre de régions. Quant à la clause de compétence générale, elle disparaît et réapparaît régulièrement au fil des déclarations ministérielles. Tout cela n’est pas sérieux et méprisant vis-à-vis des électeurs.

Sous couvert d’une réforme que le gouvernement n’a pas réussi à réaliser en deux ans, le nouveau report des élections à 2016 relève de la manipulation électorale. Au lieu de travailler à redresser la situation économique de la Bretagne, à soutenir nos entreprises, à lutter contre le chômage, à aider les familles, nous allons encore perdre deux ans dans des débats institutionnels. Le grand « retournement » dont a besoin la Bretagne, c’est un changement rapide de majorité pour donner un nouveau cap à la région.

Le Télégramme – édition du 8 mai

reforme-BM-telegramme_8.05.2014