Ruralité et accès aux services publics

cahier-fonction-publique-bmLC : Par rapport à ces évolutions (diminution du caractère structurant de l’agriculture, l’apparition des aménités, des néo-ruraux) qui créent de nouvelles attentes en matière d’accès aux services publics, comment les services de l’État et l’administration au sens large se sont-ils adaptés ?
BM : Trop tardivement. Je milite pour que les administrations centrales et déconcentrées soient beaucoup plus conscientes que la norme est désormais produite pour l’essentiel au niveau européen et qu’elles s’y impliquent davantage. Nous restons trop souvent dans une posture extérieure de réclamation vis-à-vis de « Bruxelles ». Dans les administrations centrales, les affaires européennes sont l’apanage de services spécialisés fonctionnant trop souvent en marge des directions. Et il n’est pas rare que les services déconcentrés de l’Etat, comme leurs homologues des collectivités locales, se présentent en simple quémandeur ou en quasi-vassal.
Lors de la consultation européenne sur l’avenir de l’agriculture, j’ai été frappée de constater qu’il n’y avait pas eu d’étude d’impact sur les conséquences, par exemple, du verdissement de la PAC sur l’activité agricole et sur l’espace rural alors que les conséquences de ces choix étaient particulièrement structurantes…

« Entretien avec Bernadette Malgorn, conseillère régionale de Bretagne, ancienne préfète », in Les cahiers de la fonction publique, n° 356, juin 2015, pp 27-31