Accès aux services ou localisation des services ?

cahier-fonction-publique-bmLC : Une mutualisation s’est mise en place…

BM : Une mutualisation, effectivement, est indispensable car les problèmes sont plus complexes, plus imbriqués, les exigences plus grandes aussi sans doute. Ce n’est pas d’abord un problème global d’effectifs, même s’ils existent aussi dans certaines zones. Il est difficile d’affecter des agents en dehors des villes grandes ou moyennes. Le travail du conjoint, l’accès à un bon lycée, la proximité de l’université sont de plus en plus prégnants dans les choix d’installation des ménages. Les fonctionnaires n’y échappent pas mais s’y ajoute la perspective de mobilité. L’Etat doit prendre en compte ces aspirations dans la gestion de ses ressources humaines.

Les stratégies de localisation des agents publics illustrent aussi le caractère souvent fragile de la distinction qui est faite entre milieu rural et milieu urbain. Des bassins de vie se constituent, formés de collectivités à dominante rurale ou urbaine qui partagent de nombreux services publics mais aussi des services marchands, fréquentant les mêmes commerces, les mêmes lieux culturels. De plus en plus on préfèrera raisonner en accès aux services plutôt qu’en termes de localisation.

« Entretien avec Bernadette Malgorn, conseillère régionale de Bretagne, ancienne préfète », in Les cahiers de la fonction publique, n° 356, juin 2015, pp 27-31