Femme et ruralité

cahier-fonction-publique-bmLC : Y a-t-il une spécificité pour l’action publique de la place des femmes dans le monde rural ?

BM : Les femmes ont très souvent été à la pointe de la modernisation du monde rural. Les groupements féminins de développement agricole ont été des moteurs et pas seulement pour des activités de diversification ou de tourisme à la ferme. Pourquoi ? Dans l’économie rurale traditionnelle, l’entité productive est souvent familiale. Tous les membres de la famille (parents, enfants, conjoints) qui sont sur l’exploitation agricole ou la « petite affaire » artisanale ou commerciale, ont un rôle, et en particulier les femmes. Elles faisaient les moissons comme les ouvriers agricoles et devaient en plus tenir la maison, gérer l’économie domestique. L’homme s’occupait traditionnellement de l’extérieur, que ce soit la participation au conseil municipal ou à la section cantonale du syndicat agricole.

À l’époque de la modernisation des campagnes dans les décennies 1960 et 1970, tout le monde a pris conscience de ce que la mécanisation permettait d’économiser en peine et en temps. Les femmes, dont le temps libre était le plus restreint, avaient plus à gagner, avec la modernisation, en efficacité et en liberté. Par ailleurs, le budget était généralement géré par les femmes qui ont du temps de la vie une appréciation différente des hommes. Les femmes auront souvent une propension plus forte à se projeter dans le long terme. D’une certaine manière, cette situation se retrouve aujourd’hui dans les pays en développement, qui ont longtemps été handicapés par le statut inférieur des femmes. De grandes nations émergent aujourd’hui grâce à l’implication des femmes notamment du milieu rural. Les femmes continuent à jouer un rôle majeur dans la vitalité de nos campagnes dans une perspective de développement durable.

Téléchargez ici l’interview de Bernadette Malgorn dans son intégalité

« Entretien avec Bernadette Malgorn, conseillère régionale de Bretagne, ancienne préfète », in Les cahiers de la fonction publique, n° 356, juin 2015, pp 27-31