En 2020, Bernadette MALGORN fera revivre la démocratie locale à Brest

A l’occasion du conseil municipal de Brest du 20 juin 2019, Bernadette MALGORN, présidente du Rassemblement pour Brest  a rappelé  que la démocratie locale à Brest ne fonctionne pas correctement.

Elle veut un changement drastique dans le fonctionnement des collectivités Ville et Brest Métropole et  elle prend dès à présents des engagements forts très concrets pour  faire revivre la démocratie locale en 2020.

Monsieur le maire,

« La ville de Brest et Brest métropole souhaitent favoriser une démocratie locale plus participative. » Le site jeparticipe.brest.fr « doit permettre d’élargir le débat public, en améliorant l’écoute des citoyens et en prenant mieux en compte les avis exprimés. »

Telles sont les intentions fort louables que vous affichez depuis quelques mois sur le site de la collectivité. Prise de conscience de la nécessité de faire vivre la démocratie tout au long du mandat ? Ou simples tentatives tardives de communication ? Peu importe ! Mais au-delà des intentions, c’est la mise en pratique qui importe. Et vous en êtes encore loin. La démocratie locale exige de faire vivre le débat, elle implique le libre-accès à l’information, l’écoute des élus fussent-ils minoritaires et, plus largement, celle des habitants.

J’ai souvent appelé, dans mes propos, à un changement drastique dans le fonctionnement de nos collectivités, à la ville comme à la métropole, sans oublier les satellites. Depuis quelques semaines, les concertations ou consultations fleurissent pour des projets dont la réalisation dépasse, souvent, le cadre de ce mandat. Ces concertations portent d’ailleurs plus sur des modalités techniques que sur des objectifs à atteindre, ce qui est normalement l’objet du débat démocratique, la réponse technique venant ensuite. En outre vous vous autorisez à escamoter ces concertations dès lors que le résultat escompté n’est pas conforme à votre postulat.

L’exemple donné sur les rythmes scolaires a été éloquent. Ma collègue Véronique BOURBIGOT aura l’occasion d’y revenir.

Votre argument péremptoire est que vous avez la majorité. Certes ! Mais cela ne saurait résumer la vie démocratique et cette façon de vouloir étouffer tout contre-pouvoir vous met en danger, vous a mis en danger. Votre mode de gouvernance est facteur de risques.

Le rapport de la chambre régionale des comptes, soumis à notre attention ce soir, en offre deux illustrations :

  • Vous aviez fait délibérer, en janvier 2014, le conseil communautaire sur la création d’une Maison commune, architecture englobant la Ville, la Communauté urbaine devenue Métropole et les satellites. Nous n’avons pas eu l’occasion d’en délibérer dans cette enceinte : bien que la Ville soit partie prenante dans ce groupe territorial, son assemblée délibérative n’a pas été consultée, ce qui a été relevé par la Chambre.
  • La Chambre ne manque pas de relever aussi le « dispositif irrégulier de paiement des indemnités » des élus socialistes. Au-delà des faits en cours d’examen par la justice, c’est l’opacité de la gestion qui est aussi en cause.

Mon collègue Bruno SIFANTUS, interviendra plus longuement sur ce rapport de la Chambre régionale des comptes.

Nous avons fait des propositions visant à une transparence maximum de la gestion, à un meilleur contrôle et une participation citoyenne plus réelle dans la vie de la cité et de la métropole. Vous les avez refusées au moment où elles auraient permis d’éclairer le débat public.

Mais aujourd’hui à 12h08 vous vous êtes réveillés. Nous avons reçu par courriel une lettre de votre part sur les enjeux de la déontologie visant « un renforcement de (vos) actions dès 2020 » ! Nous participerons bien sûr à cette démarche même tardive.

Je rappelle quelques-unes de nos propositions :

– un fonctionnement du Conseil municipal et des groupes d’élus conforme aux principes et aux règles de la transparence de la vie publique et un code de conduite anti-corruption.

– une conférence des présidents de groupes. Elle pourrait notamment convenir de débats organisés sur des thèmes d’intérêt commun : nos assemblées devraient être lieu de dialogue et non comme aujourd’hui d’une succession de monologues.

– l’ouverture des données. A l’heure de « l’open data », les conseillers municipaux, même d’opposition, et les citoyens doivent pouvoir, aussi largement que le permet la protection des données, consulter les décisions de l’exécutif, y compris avoir accès au détail des comptes.

– l’exercice effectif du contrôle de l’exécutif par des missions d’évaluation, de contrôle et d’information représentatives de tous les groupes.

– un renforcement du rôle des maires de quartier, leur donnant les moyens d’agir dans la proximité.

– une association des CCQ en amont des projets.  Ma collègue Claudine PERON y reviendra. Faisons confiance à l’expertise citoyenne !

Ne nous faisons pas d’illusions : les élections européennes n’ont pas mis fin au malaise qui s’exprime dans notre pays depuis plusieurs mois. Au-delà des revendications matérielles, écoutons l’aspiration de nos concitoyens à être entendus, à participer aux décisions qui les concernent. C’est vrai au niveau national, mais n’oublions pas que le premier niveau de la démocratie, c’est la cité !